dimanche 24 avril 2011

Христос воскресе !

Le Christ est ressuscité! En vérité il est ressuscité!
Ce cri accompagne les festivités pascales, après la (longue) vigile! Il est utilisé communément comme salutation pendant la période pascale, en lieu et place du "bonjour".
A la lumière des cierges, samedi dans la nuit, je repensais au temps du Grand Carême, je repensais aussi à des commentaires, messages reçus par les uns et les autres. Je me souviens en particulier de ce commentaire qui me disait que si une relation n'éloigne pas de Dieu, elle ne peut être foncièrement mauvaise.
Je ne sais pas si j'ai bien cheminé pendant le Grand Carême, mais je sais que j'ai retrouvé la joie, grâce à un garçon qui a la tête sur les épaules. Il me faut encore accomplir une traversée du désert pour le rejoindre, mais je sais aussi qu'il m'a remis d'aplomb et qu'il m'a permis de vivre pleinement la vigile...

mercredi 20 avril 2011

Arthur Cravan


Quelle âme se disputera mon corps ?
J’entends la musique :
Serai-je entraîné ?
J’aime tellement la danse
Et les folies physiques
Que je sens avec évidence
Que, si j’avais été jeune fille,
J’eusse mal tourné.
Mais, depuis que me voilà plongé
Dans la lecture de cet illustré,
Je jurerais n’avoir vu de ma vie
D’aussi féeriques photographies :
L’océan paresseux berçant les cheminées,
Je vois dans le port, sur le pont des vapeurs,
Parmi des marchandises indéterminées,
Les matelots se mêler aux chauffeurs ;
Des corps polis comme des machines,
Mille objets de la Chine,
Les modes et les inventions ;
Puis, prêts à traverser la ville,
Dans la douceur des automobiles,
Les poètes et les boxeurs.
Ce soir, quelle est ma méprise
Qu’avec tant de tristesse,
Tout me semble beau ?
L’argent qui est réel,
La paix, les vastes entreprises,
Les autobus et les tombeaux ;
Les champs, le sport, les maîtresses,
Jusqu’à la vie inimitable des hôtels.
Je voudrais être à Vienne et à Calcutta,
Prendre tous les trains et tous les navires,
Forniquer toutes les femmes et bâfrer tous les plats.
Mondain, chimiste, putain, ivrogne, musicien, ouvrier, peintre, [acrobate, acteur ;
Vieillard, enfant, escroc, voyou, ange et noceur ; millionnaire, [bourgeois, cactus, girafe ou corbeau ;
Lâche, héros, nègre, singe, Don Juan, souteneur, lord, paysan, [chasseur, industriel,
Faune et flore :
Je suis toutes les choses, tous les hommes, et tous les animaux !
Que faire ?
Essayons du grand air,
Peut-être y pourrai-je quitter
Ma funeste pluralité !
Et tandis que la lune,
Par-delà les marronniers,
Attelle ses lévriers,
Et, qu’ainsi qu’en un kaléidoscope,
Mes abstractions
Elaborent les variations
Des accords
De mon corps,
Que mes doigts collés
Au délice de mes clés
Absorbent de fraîches syncopes,
Sous des motions immortelles
Vibrent mes bretelles ;
Et, piéton idéal
Du Palais-Royal,
Je m’énivre avec candeur
Même des mauvaises odeurs.
Plein d’un mélange
D’éléphant et d’ange,
Mon lecteur, je balade sous la lune
Ta future infortune,
Armée de tant d’algèbre,
Que, sans désirs sensuels,
J’entrevois, fumoir du baiser,
Con, pipe, eau, Afrique et repos funèbre,
Derrière des stores apaisés,
Le calme des bordels.
Du baume, ô ma raison !
Tout Paris est atroce et je hais ma maison.
Déjà les cafés sont noirs.
Il ne reste, ô mes hystéries !
Que les claires écuries
Des urinoirs.
Je ne puis plus rester dehors.
Voilà ton lit ; sois bête et dors.
Mais, dernier des locataires,
Qui se gratte tristement les pieds,
Et, bien que tombant à moitié,
Si j’entendais sur la terre
Retentir les locomotives,
Que mes âmes pourtant redeviendraient attentives !


Arthur Cravan
Revue Maintenant, juillet 1913

vendredi 15 avril 2011

icône : Eddie Redmayne


Sur l'indication d'un ami, je poste quelques photos d'un jeune homme qui m'est encore inconnu. je sais juste de lui qu'il travaille actuellement avec Spielberg et qu'il va jouer Richard II à la fin de l'année.

A la recherche de Bashô

Un lecteur très fidèle me laisse régulièrement des commentaires qui me vont droit au coeur. Il a choisi le nom d'un poète japonais comme pseudonyme, ce qui ne manque pas de m'intriguer à chaque fois. Concision et précision des haiku! Enhardi par les récentes découvertes de ma bibliothèque, je me suis mis en chasse d'un recueil de haiku... Point de Bashô en ma demeure, cependant!
Alors, cher Bashô, acceptez au moins que je cite quelques vers de Takuboku. A défaut de haiku, on lit des tanka... Il a marqué mes premières années d'études.

Je me rappellerai la nuit
où j'ai parlé de mon amour
à cet ami

Ces paroles précieuses
que je n'ai jamais dites
restent dans ma poitrine



jeudi 14 avril 2011

A l'assaut de ma bibliothèque

On croit connaître sa bibliothèque. Peu importe si les livres s'alignent par centaines, en rangées doubles car il n'y a plus de place depuis longtemps. Chacun est attaché à une histoire, un cadeau, un sourire.
On s'imagine aussi avoir un souvenir très précis de ce qu'elle contient. Avoir en mémoire chaque ligne lue, comme s'il n'était plus besoin de les ouvrir. Mais il suffit qu'un ami vienne, dérange quelque peu l'ordre qui paraissait immuable pour qu'on redécouvre une perle.
J'apprécie énormément quand un ami prend la liberté de farfouiller dans mes étagères. C'est, je crois, le signe d'une confiance et d'une estime réciproque que de se sentir autorisé à le faire. Trop souvent, mes invités se gènent et n'osent pas. Et je n'ai pas plus le courage de les y inviter s'ils n'y pensent pas d'eux-mêmes. Combien de discussions un tel geste pourrait ouvrir!
Il semblerait qu'IL fasse déjà partie de la première catégorie. Et, compte tenu de mes sentiments pour LUI, je suis certain qu'IL aurait pu piocher n'importe quel guide bleu ou manuel de cuisine : j'aurais encore trouvé tous les charmes à SA trouvaille...
Il est tombé sur un recueil de D.H. Lawrence. Il me tend le livre, ouvert sur quelques vers qui n'avaient jamais attiré mon attention. Un simple: "Tenez, vous avez vu ce poème?" accompagne son sourire.
Je livre ici le vers anglais qui l'a arrêté, puis une traduction par Lorand Gaspar:

And taste nothing
That is real
But if I eat an apple, I like to eat it with all my senses awake.

Et ne rien goûter
de ce qui est réel
Mais si je mange une pomme, j'aime la manger avec tous mes sens éveillés.

J'aurais voulu prendre le temps de parler avec vous de ces quelques vers. Mais le temps que je me rende compte de ce qui se passait, vous vous étiez déjà volatilisé.

Anton Kolig

Dans les courants de la Sécession et de l'expressionnisme, Anton Kolig (1886-1950) est bien souvent relégué parmi les minores. Si Anton Kolig ne s'est jamais caché de son homosexualité, il ne semble pas qu'il ait eu une quelconque aventure avec un homme. Marié, père de cinq enfants... de quoi faire taire les mauvaises langues?
La part qu'occupe le nu masculin dans son oeuvre est déjà éloquente. Garçons de ferme, élèves, nombreux sont ceux qui défilent devant son chevalet.




Mais qui peut regarder ces toiles sans sentir le poids du désir? Anton Kolig définissait lui-même le fait de peindre quelqu'un (ou d'être peint par quelqu'un) comme une forme de "coït spirituel". Si les dynamiques des corps sont rendus avec force, les visages sont presque absents, tout juste ébauchés. Je suis frappé par la mélancolie qui se dégage de ses tableaux... Non, à bien y réfléchir, le terme de mélancolie ne convient pas tout à fait. Si le mot Sehnsucht fait sens pour vous, peut-être cela serait-il plus exact. Une forme de nostalgie, certes, mais avec un versant beaucoup plus positif que les mots français ou grec peuvent lui prêter.

mercredi 13 avril 2011

British Polo Day 2011

Quand tout à coup, on se dit qu'un séjour à Dubai ne serait pas une si mauvaise idée...



mercredi 6 avril 2011

Icône: Colton Haynes

C'est presque par hasard que Colton Haynes se retrouve sur ces pages. Je ne peux nier qu'il a une belle gueule et une certaine présence, mais ses quelques tentatives d'acteur sont assez désespérantes. Un signe qui ne trompe pas: j'ai eu toutes les peines du monde à trouver des clichés correspondant à l'idée que je me fais de l'élégance masculine. Colton Haynes a essentiellement posé pour Abercrombie and Fitch, qui me fournit bien quelques tenues pour faire du sport mais qui est loin d'être mon style au quotidien.

Oui, mais voilà, sans le savoir, Colton Haynes ressemble à mes yeux à CELUI dont je disais, il y a quelques temps, qu'IL ne m'avait pas regardé... Le miracle s'est produit. IL m'a regardé, IL m'a parlé. Je L'y ai aidé bien entendu, en LUI offrant au bon moment un recueil de poèmes de son auteur préféré ! Divine providence!
Il faut cependant LUI faire justice. Les petites imperfections de son visage le rendent autrement plus gracieux et plus plaisant que ne l'est Colton Haynes...



 Photo Adam Fedderly

 Photo Bruno Rand




 Héritage 1981 Collection

Remercions Colton Haynes de ressembler, en moins charmant, à CELUI qui fait battre mon coeur!