mercredi 15 août 2012

Sur les pas de Fersen

J'ai pu, cet été, réaliser un vieux rêve. Un vieux rêve qui me hantait depuis que j'ai découvert l'existence de Jacques d'Adelswärd. Aller à Capri. Visiter la Villa Lysis.
Que d'émotions en prenant ce petit chemin. Que d'émotions en franchissant ce seuil. L'émotion face à un temple construit pour l'amour... mais dans quel triste état le tempietto se trouve actuellement...


Je ne pouvais m'empêcher de penser aux mots de Cocteau au sujet de cet auteur... Faire de sa vie une oeuvre d'art quand on ne peut soi-même en produire...

4 commentaires:

  1. Silvano/Gay Cultes16 août 2012 01:06

    Chanceux que vous êtes. Je n'ai pas encore fait ce pèlerinage.

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  2. J'ai en quelque sorte grandi dans les jardins de la villa. ma famille avait à capri une villa. j'aimais aller me promener sur la Via Lo Capo où se trouve l'entrée de la villa, entre la grille et le petit promontoire ( une citerne d'eau de pluie), il y a le chemin qui mène à la crique où leEros le yacht du Baron mouilla jusqu'en 1920. Le tennis abrita nos jeux de garçons. La maison était gardée (et ce jusque dans ela nénes 90) par la famille Salvia. Anna possédait quelques photos du Baron et de Nino qu'elle montrait à qui venait visiter les restes de la villa. Jeune étudiant, je revins une année à capri, bien après la disparition de mes grands-parents. Je voulais dormir dans les jardins de la villa, à la belle-étoile. Le père d'Anna qui me découvrit au petit matin insista pour que je m'installe dans la maison. Tout était en ruine ou presque, sauf le rez de chaussée où sa famille vivait. Leur logis était un mélange d'horribles meubles comme on en vout dans les loges de concierge et de restes de la splendeur de la villa. ils m'installèrent un lit de fortune... dans la chambre de Nino, celle qui donne sur la terrasse juste à côté du portique de l'entrée, là où est gravée "Amori et Dolori Sacrum". Ils ne pouvaient deviner combien j'étais ému et fier de dormir à l'endroit même où Nino Cesarini vécut. Dans le grand salon, des morceaux de mosaïque de verre doré ou argenté gisaient sur le sol. J'en ai pris quelques uns. Dans la chambre de Nino, des morceaux de corniche en stuc étaient tombés. Là encore, je ramassais des morceaux. Ce fut une grande émotion que de prendre le petit déjeuner sur la terrasse face au golfe de Naples. en ce temps-là, le cabaret de la belle Carmelina servait encore la fameuse tarte aux pommes et on pouvait boire du Lacryma Tiberio, ce vin blanc si particulier que décrit Peyrefitte dans son roman. Mais plus merveilleux encore, fut ma rencontre avec un très vieil homme, tout fripé et édenté. Il vivait dans une maison sitéue un peu plus bas que la ville Fersen. Il avait travaillé pour le Baron comme jardinier puis comme homme à tout faire. Il travailla ensuite pour Nino puis pour la soeur du Baron. Il me montra des photos de soirées chez Fersen, mais aussi de Nino et lui. Il avait été très beau. En le quittant il m'expliqua qu'il était... le fils de la belle Carmelina... Mystères et joies de Capri. La villa en ce temps-là appartenait à un certain Misciulam, riche propriétaire juif qui avait possédé le Quisisana et la moitié des villas de l'île à ce qu'on disait. Un vieux professeur dont la propriété jouxte celle du Baron m'avait proposé de m'associer à un groupe qu'il avait formé dans le projetd e racheter la galerie et d'en faire un centre artistique, une sorte de Villa médicis privée qui aurait pu accueillir des écrivains, des musiciens des artistes en résidence. cela ne se fit pas. La municipalité en a fait un lieu d'exposition et de rencontres. J'y ai dormi - clandestinement - en 2005 ou 2006 car - je ne sais si je peux l'avouer - j'avais toujorus une clé de la porte de service qui est derrière la villa, presque sous la paroi où on peut toujours voir la plaque de dédicace à la Jeunesse d'Amour. C'est là que je découvris cette nouvelle décoration ultra brillante de nouveau-riche à la russe du XXIe siècle avec un coffre-fort fiché dans un mur et une salle de bain ultra moderne de très mauvais-goût. Sous le grand escalier, une cuisine disposait d'un réchaud, d'un pot de Nutella (indispensable dans la région) et de café. LA nuit fut comme un rêve mais la crainte d'être délogé par des carabiniers me fit déguerpir au petit matin (après avoir pris un peu de Nutella tout de même !). J'avais mon bateau qui repartait pour Sorrente. Depuis on m'a informé de la mise en vente de la villa qui bien,tôt hélas ne sera plus visitable.

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  3. C'est avec beaucoup d'imagination qu'il faut visiter la Villa Lysis. La ville qui vient de la remettre en vente - crise oblige - l'avait restaurée comme on restaure en Italie de nos jours : beaucoup de tape à l'oeil et massacre finalement. Si elle a retrouvée son toit, si le trou béant qui - comme un signe - avait perçé la chambre de Fersen, le milieu du salon et détruit la Chambre chinoise au sous-sol, a bien été rebouché, si les parois ont été repeintes et les vitres remises aux fenêtres, une horrible salle de bain avec spa remplace la salle d'eau d'origine que j'ai eu la chance de connaître. Longtemps d'ailleurs les vasques en céramique qui venaient de France avec leurs fleurs poychromes sont restées dans le jardin parmi les débris de la décoration d'avant.

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  4. Ce deuxième commentaire étant en fait le début de mon texte. désolé pour ce long verbiage et bravo pour votre blog que je suis depuis des années.

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