lundi 30 mai 2011

Agamemnon

L’ai-je déjà dit ? Je suis extrêmement bon public lorsqu’il s’agit de théâtre. Le simple fait de « sortir » est déjà une fête.
C’était donc déjà avec joie que je me rendais à l’Agamemnon de Sénèque. J’ignorais tout de cette pièce, n’ayant eu à traduire que des extraits des Lettres à Lucilius. Clytemnestre fut magistrale, saisissante, au point de faire paraître Agamemnon bien pâlot, bien terne, veillant pour ainsi dire les morts. Eurybate, campé par Michel Vuillermoz, porte la tension de la pièce à son comble avec le fameux récit du désastre de la flotte.
Denis Marleau, déjà connu pour l’utilisation de ce medium, a eu une trouvaille pour le chœur, parfois difficile à intégrer dans notre théâtre : l’usage de videos, qui peut se révéler si intrusif, remplit à merveille cette fonction, les atlantes trouvant leur juste place dans une masse de masques.

samedi 14 mai 2011

Nelligan

Je ne sais si c'est par francocentrisme, mais Nelligan (1879-1941) m'a toujours été présenté comme un humble continuateur d'Arthur Rimbaud. Aussi désobligeant qu'il puisse paraître pour un québécois, ce titre n'est tout de même pas si mal...
Sa vie fut tragique, tiraillé entre ce qui semble bien être de la schizophrénie et sans doute une tendance homosexuelle refoulée. Enfermé pendant de nombreuses années...
La folie occupe une place importante dans sa production, notamment le thème des voix venues des ténèbres

 
Amour immaculé
Je sais en une église un vitrail merveilleux
Où quelque artiste illustre, inspiré des archanges,
A peint d'une façon mystique, en robe à franges,
Le front nimbé d'un astre, une Sainte aux yeux bleus.

Le soir, l'esprit hanté de rêves nébuleux
Et du céleste écho de récitals étranges,
Je m'en viens la prier sous les lueurs oranges
De la lune qui luit entre ses blonds cheveux.

Telle sur le vitrail de mon coeur je t'ai peinte,
Ma romanesque aimée, ô pâle et blonde sainte,
Toi, la seule que j'aime et toujours aimerai ;

Mais tu restes muette, impassible, et, trop fière,
Tu te plais à me voir, sombre et désespéré,
Errer dans mon amour comme en un cimetière

Konstantin Kryukov, fils de...


Quand on est « fils de… », il est parfois difficile de révéler ses propres dons. Difficile de se distinguer si l’on choisit la même voie, difficile aussi de rompre avec une vocation familiale. Quand on est petit-fils du grand réalisateur Sergej Bondartchuk, principalement connu en France pour son Guerre et Paix, neveu de Feodor Bondarchuk, qui avait parlé de lui pour son film La 9e compagnie, quand on est le fils d’Irina Skobtseva, peut-on choisir une autre carrière que le cinéma ?

A 26 ans, Konstantin Kryukov a déjà tenu des rôles de qualité, mais il est aussi diplômé en gemmologie et a reçu la médaille Kafka pour son activité artistique.
Ajoutez à cela de la discrétion et de l’élégance, et on en oublierait presque son arbre généalogique.



lundi 9 mai 2011

leader of fashion

”I was in fact produced as a leader of fashion, with the clothiers as my showmen and the world as my audience”
                                                                          Edward, duke of Windsor





vendredi 6 mai 2011

Icône: Oscar Spendrup



Oscar Spendrup, qui nous vient de Suède du haut de son mètre 85, me fait furieusement penser à un type qui a croisé ma route il y a de cela trois ans. Grand, beau, l'oeil bleu profond, la fossette ravageuse et le sourire charmeur... Mais il se croyait obligé de me regarder avec cet air conquérant: "je sais que tu ne peux pas me résister". Or il se trouve que j'aime bien résister... et que ce n'est pas parce que je trouve un garçon beau que je vais me jeter sur lui. Nos rapports en sont donc restés là et je l'ai laissé partir pour l'Italie.

 Oscar Spendrup par Laurent Humbert
 Oscar Spendrup pour Boomerang


Je vais finir par croire que j'aime les petits défauts sur un visage... Quelle dentition pour un mannequin... et pourtant!

cadeau musical: Crucifixus d'Antonio Lotti

Une oeuvre que j'ai chantée, avant de muer...